Interviews: SUNNY LEGACY BAND, JAMAICA SESSION (Yannick Maréchal), Miss Rudy Cat, JEWELS Rds.

SUNNY LEGACY

Le vendredi 10 novembre, nous avons le plaisir de faire venir jouer à Brest les « Sunny Legacy », pour que vous puissiez en savoir un peu plus sur ce groupe, nous leur avons posé quelques questions:

Propos recueillis le 18/10/17 par cigale rds.

Présentation et petite histoire du groupe? 

  SUNNY LEGACY, « Héritage Ensoleillé », c’est la traduction littérale de cette nouvelle formation morbihannaise créée début 2015. Le soleil est Jamaïcain et le legs est celui d’une période furtive allant de 1966 à 1968 : Le Rocksteady, Le Early Reggae.

Le groupe est composé de six musiciens. Le répertoire rend hommage aux pionniers du Rocksteady (et du Reggae). La voix est résolument Soul, la rythmique épurée fidèle au « Jamaican Riddim ».

   Le groupe est né fin 2014-début 2015 à l’initiative du chanteur (Brice). La démarche première était de monter un band pour reprendre des standards de la musique jamaïcaine de cette période très prolifique. Il a fallu trouver, soit des musiciens jouant le Reggae-Rocksteady, soit appréciant fortement cette musique. Ce qui n’a pas été tache facile car les musiciens de reggae ou de rocksteady en Bretagne Sud ne se trouvent pas à tous les coins de rue.

Faisant marcher le réseau de musiciens, le groupe s’est donc monté avec des musiciens issus de formations diverses. Ceux-ci tournaient déjà depuis plusieurs années sur le réseau local et au delà, et n’avaient pas forcément pratiqué ce style. Mais ce qui est sûr, c’est que chacun s’est retrouvé dans cette musique du partage, aux thèmes entêtants !

Pourquoi avoir choisi ce style musicale: Ska, Rocksteady, Reggae oldies,…?

Chanteur (Brice) : 

«  Le répertoire de Sunny Legacy est tourné d’avantage vers le Rocksteady, un peu sur les débuts du reggae, et pas trop vers le Ska (on n’a pas de section cuivre dans le groupe).

  Pour ma part, c’est une musique qui m’accompagne déjà depuis plusieurs années, j’ai beaucoup écouté de reggae et de rocksteady, en appréciant les époques et l’évolution du reggae. 

  Cela faisait un petit moment que je voulais monter un band reggae, mais ce qui me branche le plus c’est le vieux son, avec le vieux matos, avec de «vrais» musiciens. 

Le Rocksteady est une période courte de la musique jamaïcaine mais extrêmement prolifique avec des petits bijoux sortis à cette époque.

Et tout ce qui défini cette musique m’attirait, que ce soit  le côté vocale (plusieurs voix), l’inspiration de la musique noire américaine de l’époque, l’esprit Soul Music allié avec le son, le groove, l’esprit de la musique jamaïcaine, du reggae. 

De plus, on est plusieurs dans le groupe à pratiquer ou à avoir pratiqué le Blues ou la Soul. On aime donc les notes grasses, les amplis qui craquent  et les rythmiques à 2 ou 3 accords mais qui groovent ! 

Avez-vous des groupes, chanteurs références? 

C’est assez difficile de choisir parmi toutes les bonnes pépites sorties à cette époque. On va dire que notre référence est la période de la musique jamaïcaine du milieu des années soixante au début du Reggae. Et du coup il y a pas mal de choses, ça passe des groupes à voix comme The Pioneers, The Kingstonians, Jamaicans, The Ethiopians, Keith and Tex… et bien d’autres, aux instrumentistes comme Jackie Mittoo, The Upsetters…ou aux chanteurs comme Delroy Wilson, Alton Ellis, Derrick Harriott, John Holt, Ken Booth…

Votre set est fait de compositions, reprises,..?

Le set est principalement composé de reprises mais on a commencé un travail de compositions. L’initiative de départ était que chaque musicien s’imprègne du style, le joue un maximum, tout en y mettant sa patte, mais en gardant bien l’essence du style et en travaillant le son oldies et la cohésion du groupe. Et pour ça rien de mieux que de jouer les standards un certain temps. 

Ainsi nous avons commencé à introduire quelques compos depuis cette année mais le but est donc de rentrer progressivement nos morceaux dans le set.

Vous jouez beaucoup en Bretagne voir dans le sud Bretagne, c’est plus facile de trouver des dates, salles dans ce coin ? 

Non c’est pas forcément plus facile de trouver des dates dans ce coin. Mais le fait est qu’une bonne partie du groupe est installée dans le sud Bretagne, et comme il a été dit précédemment on vient de formations diverses qui tournent depuis un moment. Certains des musiciens sont dans le circuit musique en Bretagne depuis plus de 15 ans. Il y a donc des connexions et des relations de confiance qui se sont faites avec diverses organisateurs dans ce coin.

On a joué depuis 2 ans principalement dans le Morbihan, un peu dans les autres départements de la Bretagne, Nantes et ses alentours. Le groupe est relativement jeune , il faut prendre le temps de se faire voir, connaître, le but étant de jouer un maximum.

Comment percevez-vous la scène ska /reggae actuelle en France et en Europe ? 

Bah à vrai dire on la suit un peu mais pas beaucoup. En France, la scène reggae en générale n’a pas mal évoluée depuis plusieurs années. On retrouve beaucoup de dub, de très bons toasters, de sound systems, de digitale ou encore de l’alliance reggae/électro…ce qui fait partie intégrante de l’histoire du reggae et c’est bien que la musique évolue avec son temps.

Mais nous, on affectionne particulièrement le son joué avec des instruments « classique ». Ce qui nous plaît dans le reggae c’est l’essence, le roots, le oldies, mais on constate qu’il y a quand même de moins en moins de groupes avec cette direction, après on n’est pas non plus au courant de tout.

 Mais pour ma part, je trouve que ça fait depuis plusieurs années qu’on assimile beaucoup trop d’ accords plaqués et un « oyoyoyo » à la case reggae. 

Alors du coup, la scène reggae en France comme on l’aime reste plutôt « underground ».

Ecoutez-vous les nouveaux groupes qui jouent dans ces styles, ou uniquement du oldies? 

Oui on écoute beaucoup de oldies ! Comme on le disait tout à l’heure, on ne suit pas trop la scène reggae dans son ensemble mais on va plutôt suivre et écouter des groupes dans le courant reggae avec cette influence rocksteady, early reggae. 

On ne connaît pas bien la scène française du rocksteady, early reggae, à part des groupes un peu plus connus comme 8°6 Crew, Jim Murple Memorial… . D’ailleurs on a vu Jim Murple en concert il y a pas longtemps, ils ont toujours autant la pêche et le batteur Romain Dallaine envoie sévère, il a un sacré charisme c’est chouette à voir !

Sinon on écoute plutôt la scène américaine, avec des groupes comme The Frightnrs, Jr.Thomas and the Volcanos, The Delirians, Steady 45s, Roger Rivas (The Aggrolites)…Les réseaux sociaux nous ont permis de découvrir des groupes Espagnols comme Smooth Beans, The Hypocondriacs, The Oldians…  

Des projets? 

   A court terme, on va enregistrer un 5-6 titres fin octobre, avec moitié compos moitié covers, afin de faire connaître un peu plus le groupe.

 A long terme, jouer jouer jouer, faire beaucoup de concerts, et toujours progressivement rester dans une dynamique de créations.

Des mots à dire, petites annonces,…? 

C’est super ! on a hâte de venir jouer à Brest Au P’tit Minou et de rencontrer Cigale Records !

Sinon pour retrouver Sunny legacy, nous n’avons pas de site internet mais pour toutes infos sur le groupe, les contacts et les dates de concerts c’est sur notre facebook «Sunnylegacyband»

Merci et à très vite ! 

Lien vers le Facebook des Sunny Legacy Band – Clic here !!!

 


JAMAICA SESSION – NOUVELLE EDITION – DEUX TOMES – BOOM !!!

A l’heure du numérique, ou tout peut soit disant se retrouver sur le net, il est important de souligner qu’il y a de belles éditions papier qui sont encore publiées aujourd’hui, dans lesquelles resteront imprimer les publications même après un bug informatique ou tout simplement pour avoir les informations à disposition, rapidement et sur papier.

Voila dix ans déjà que Yannick Maréchal a publié une précieuse encyclopédie sur la musique jamaïcaine de 1960 à 1980 « REGGAE ». Aujourd’hui, Yannick nous fait le plaisir de publier aux éditions Camion Blanc « Jamaïca Session », une nouvelle encyclopédie dédiée aux artistes jamaïcains de cette même période. Bientôt disponible en deux tomes dans toutes les librairies ou directement auprès de la maison d’édition « Camion Blanc » (lhttp://www.camionblanc.com/)

MIXTAPE

– Cigale rds n°5 – Jamaica Session by Yannick Maréchal – avril 2015 – 32mn15.

Echange entre notre équipe et Yannick Maréchal en avril 2015 (Yannick qui nous a aussi fait le plaisir de vous concocter une mixtape disponible en écoute en fin de page !!!).

– Yannick, peux-tu te présenter ?
Je m’appelle Yannick Maréchal, j’ai 47 ans et j’écoute tous les sons Jamaïcains depuis une bonne trentaine d’années.

– Pourquoi ? Comment  est arrivé l’idée d’écrire une encyclopédie ?                                           C’était la suite logique de mes fanzines édités à la fin des années 80 (c’est d’ailleurs pour ça que je tenais à ce que ma réédition s’appelle Jamaica Session, d’après le nom de mon premier fanzine, comme ça la boucle est bouclée !), déjà à l’époque j’aurais aimé monter un magazine ou quelque chose dédié uniquement à la musique Jamaïcaine. J’ai toujours pris des notes, archivé, compilé des infos et noté des renseignements sur tout ce que je pouvais trouver ayant trait à cet univers, mais à l’époque les sources étaient très maigres. . .  

– D’ailleurs pourquoi une réédition ?                                                                                                      Tout simplement car mon premier ouvrage est épuisé depuis plus de cinq ans. . .

 – C’est la maison d’édition « Camion Blanc » qui t’a demandé de retravailler sur la réédition ?   Non je les ai contactés (c’est quand même le meilleur éditeur spécialisé dans la musique !) car j’avais récupéré mes droits d’auteurs auprès de mon premier éditeur et ils m’ont répondus de suite car ils connaissaient mon premier livre et étaient content de le récupérer dans leur collection, pour sortir une nouvelle édition dix ans après.

– Cette nouvelle édition sort en deux tomes, seront-ils disponibles en même temps ?                 Peut-être, je ne sais pas encore mais le premier sort le mois prochain et le second en même temps ou à la rentrée en Septembre.

– Dans ta première édition y figurait 250 groupes et artistes au travers de 1300 LPs, as-tu étoffé cette dernière édition, et à quel niveau ?
J’ai enlevé quelques artistes et surtout rajouté une vingtaine d’artistes comme B. Ruffin , J. London , K. Bryan ou N. Dean. De plus j’ai énormément étoffé les articles et bios, c’est une édition refondue et entièrement mise à jour, j’ai eu carte blanche sans être bridé par l’éditeur, donc au final on se retrouve avec plus de 2000 pages, voilà pourquoi il sort en deux volumes. . .

– Cela a dû être un travail de longue haleine et de fou afin de réaliser cette encyclopédie (surtout que tes travaux avaient commencé à l’époque ou internet n’existait pas !)?                                   C’est clair, c’est énormément de boulot mais c’est ma passion, donc c’est pas un souci. Sur cet ouvrage j’ai eu beaucoup plus de travail, j’ai recroisé les infos, émis des hypothèses, essayer d’éclaircir au maximum les arcanes des discographies Made in JA, mis un maximum d’anecdotes et de renseignements précis concernant les auteurs connus ET méconnus, j’ai vraiment fait au max. . . mais j’ai encore pas mal d’infos sous le coude, encore des choses à écrire!!!

– Dans ta première édition, les grands producteurs comme : Clement Coxsone, Duke Reid ou les gros Labels incontournables de l’île n’y figuraient pas, pourquoi ?
Je devais les traiter à la base dans mon livre paru il y a dix ans. Je devais mettre en corrélation toutes les compilations qu’ils ont produites et qui leur ont été dédiées depuis, mais le livre aurait été trop gros et mon éditeur a alors pris la décision de supprimer les pages dédiées aux producteurs, je devais en traiter vingt, emblématiques et plus obscurs. . . Mais je compte bien sortir tout ça prochainement et sur d’autres sujets qui me passionne, que je maîtrise et dans lequel je me suis ‘spécialisé’.

– Ta période/style  préféré (de la musique jamaïcaine) ?
J’adore le Mento/Calypso, le Rocksteady, le Ska, le Roots et Dub mais surtout (étant ancien Skin) la période la plus féconde, l’Early Reggae et tout spécialement les instrus et les DJs. Boss Sounds !!!

– Pourquoi  y références-tu que les LP ?
Tout simplement car c’est à travers les LPs que l’on a accès le plus facilement à tous ces artistes, enfin les plus vieux lecteurs comprendront aisément, car à l’époque pas de pages FB, pas de sites Internet, de boutiques de disques en lignes et pas de Ebay. . . C’était les LPs tout d’abord car dans les années 80 toute la période Roots était allègrement soldée en France et surtout absolument personne ne s’intéressait à toute cette musique, je me souviens que parfois dans les boutiques ou en convention le simple mot Reggae n’était même pas bien orthographié. . . Bref c’était donc les LPs, les cassettes audio (ma culture je l’ai faite principalement par le biais des cassettes audio !!!) et en dernier lieu les 45 Tours. . . quand on en trouvait, sinon c’était direction Paname et puis Londres bien sûr !!! Depuis de l’eau a coulé sous les ponts. Donc les LPs c’est la base de la culture, car pour bien connaitre un artiste (bien évidemment je parle de grands artistes car les 9/10 des artistes Jamaïcains n’ont jamais réalisés le moindre 33 Tours, par contre ils sont sur une pléthore de superbes compilations sorties à l’époque sur les nombreux labels Anglais, c’est pourquoi les 33 Tours sont importants aussi surtout en ce qui concerne les compilations, j’insiste!!), si on a déjà écouté ses 33 Tours on connait déjà une part de sa disco, après les 45 Tours c’est complémentaire et important car le Reggae s’est développé à travers ce support (c’est les trois-quart de son ADN !), pour des raisons de coût principalement et car c’est l’arme musicale des Sound Systems !!!! Mais le plus important ce n’est pas le support . . . c’est la musique, d’ailleurs d’excellents titres ne sont que sur des 33 Tours, ils ne sont jamais sortis en 45 Tours, et vice-versa bien entendu. Donc déjà lister tous les 33 Tours c’est du boulot et si on s’attaque au 45 Tours , là il faudrait faire 12 volumes, même le génial RKR en 13 ans a doublé de volume, c’est dire. . .

– As-tu revu tes cotations de disques ? y figurent-elles dans cette nouvelle édition et comment te bases-tu pour les réaliser ?
Non les cotations ça rentrait à la base dans la logique de collection de mon premier éditeur, moi je n’y adhère pas mais fallait le faire. . . A l’heure actuelle cela ne veut absolument plus rien dire. Pour les réaliser à l’époque je m’étais servi des très nombreuses listes de ventes par VPC accumulés en vingt ans, c’est aussi ce matériau brut qui me servait pour faire des discographies aussi exhaustives que possibles, surtout concernant les artistes les moins connus. . .

– Es tu collectionneur ?
Avec cette musique, qui a au minimum plus de quarante ans d’âge, par la force des choses on devient vite collectionneur, et je ne vois pas où est le problème même si je ne suis pas fan de ce terme, chargé assez négativement en France. Après le plus important c’est de trouver l’angle thématique de sa propre collec’ et de réussir à trouver son graal. . . Enfin il y en a souvent plus d’un !!!

– A quel niveau peut s’étendre ta collection ?
Disons qu’avec le temps j’ai pas mal de disques 45 Tours et 33 Tours. . . Mais principalement parce qu’à l’époque où j’ai commencé à me prendre de passion pour tous ces vieux sons, bah personne s’y intéressait donc ça coûtait pas cher. Maintenant c’est du grand n’importe quoi. C’est proprement impossible pour un jeune à l’heure actuelle de se faire une belle collec’. . . à moins d’avoir les moyens, après le positif c’est toute cette vague de revival c’est de voir l’explosion depuis dix ans d’une pléthore de rééditions toutes plus fantastiques les unes que les autres, ça à l’époque ça aurait été sympa aussi, car il sort pas mal de titres rares, obscurs, et surtout inédits !!!

– Ecoutes-tu,  achètes-tu  les productions actuelles de Ska, Rocksteady, Reggae,.. ?
Non , depuis le début des années 90 j’ai arrêté d’acheter les productions actuelles, pas assez d’argent pour me consacrer aux productions originales, celles sur lesquelles je me concentre depuis longtemps, et même depuis tout ce temps je n’en ai même pas encore fait le tour, j’ai encore découvert des supers titres pas plus tard qu’ hier !!!!!!!!!

– Tu bossais pour le label « Reggay Time » comment s’est passé cette aventure ? te reste-il des pièces a distribuer ?
Reggay Time devait se monter en collaboration avec un ami en même temps que la sortie de mon premier ouvrage, il y a dix ans, mais cela ne s’est pas fait pour diverses raisons. Déjà en collaboration avec Luc de Total Heaven je devais sortir une première compilation dès 1997 et ça ne s’est pas fait non plus . . .

– Tu ne renouvellerais pas l’expérience (production de disque) ?
Je pense réactiver mon label, j’en ai parlé assez récemment avec des connaissances qui sont aussi motivés que moi, donc ça devrait se faire en partenariat, éditer des petites compilations thématiques à petits tirages, composés de titres peu connus mais digne d’intérêts !! Projet en cours donc. . .

– Tes meilleurs souvenirs liés  à cette musique ?
Les meilleurs souvenirs pour moi c’est tous les jours car j’écoute cette musique absolument tous les jours. . . Après c’est la rencontre avec des artistes et surtout les moments partagés avec les amis lors des concerts et surtout lors des Sound Systems. C’est avant tout une musique de danse, de partage et qui se vit en Live !!!

 D’autres activités, projets…
Comme dis plus haut j’ai mon projet de disques qui me tiens vraiment à coeur, encore deux bouquins à écrire, notamment un sur mon autre passion le cinéma de genre.

– Quelques choses à rajouter ?
Merci à toi de me donner l’occasion de m’exprimer et j’espère simplement que les personnes qui liront « Jamaica Session » y apprendront quelques petites choses intéressantes, je les ai écrit pour ça et pour partager et faire connaitre cette superbe musique, et à travers elle tous ces nombreux et talentueux artistes (connus et méconnus) qui trop souvent n’ont pas eu les retombées financières et surtout la reconnaissance qu’ils auraient légitimement dû connaitre !!!!!!!!

MIXTAPE – Cigale rds n°5 – Jamaica Session by Yannick Maréchal – avril 2015 – 32mn15.


MISS RUDY CAT !!!!

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Été 2015, Preignan, Festival Rock’n’stock il fait une chaleur à vous couper le souffle ! Heureusement à côté du stand de « Cigale Records » se trouve la joyeuse équipe des Lillois les « Precious Oldies » ! qui nous aère la tête à coup de brumisateur, éventail et rigolades ! Viens nous rejoindre Melle Rudy Cat, on ne se connaît pas mais après quelques mots échangés le courant passe ! La soirée se poursuit dans la bonne humeur, les concerts s’enchaînent tous aussi bons les uns que les autres ! Puis arrive sur scène une étoile qui illumine encore plus le ciel de Preignan ! Ce petit bout de femme rencontré quelques heures auparavant est là sur scène et chante merveilleusement en compagnie du groupe « Jah on slide » Je suis enchantée et subjuguée ! Mais qui est-elle finalement cette petite demoiselle Rudy Cat ?

     D’où te viens ce pseudo ? Depuis combien de temps chantes-tu ? Et fais-tu de la scène ?
Ce pseudo m’a été donné par le guitariste des « Presbytarians », groupe early reggae de Strasbourg du début des années 2000, dans le quel je chantais et je jouais du saxophone. Comme souvent, les pseudos sont issus de blagues…
Loïc trouvait que ma voix ressemblait à celle de Catherine Ringer, ce qui a donné lieu à palabres… et il s’est mis à m’appeler Rudy Cat (en référence aux rude boys et à cette artiste) et puis ce pseudo est resté.Pour ce qui est de la musique, je chante depuis toujours à vrai dire. Je suis autodidacte, j’ai commencé à m’entraîner en chantant sur des standards de rythm’n’ blues, de soul et de rock’n’ roll 50’s que mes parents écoutaient à la maison, puis je me suis testée sur pleins d’autres styles musicaux. Je me souviens d’avoir même essayé de reproduire des morceaux de « Nirvana »… hahaha! j’avais 12 ans…

    J’ai commencé à faire de la scène il y a une bonne quinzaine d’année, dans le groupe de ska punk parisien les « Travailleurs de la nuit », vers 2001. Puis j’ai intégré les « Presbytarians », à Strasbourg en 2004 (dont je te parlais plus haut). Puis pour des raisons professionnelles j’ai du repartir vivre à Paris, là j’ai chanté dans « Up Ten » (ska soul reggae) en 2005 et actuellement sur Lille je chante dans « The Sonotones » (swing surf reggae) et « Super lavande » (soul garage punk) et il y a la collaboration avec « Jah on Slide » (ska revival).

    Tu accompagnais donc les « Jah on Slide » au festival « Rock’n’Stock », accompagnes-tu d’autres groupes ?
  Non, Jérôme m’a proposé cette collaboration il y a deux ans environ. Mais je n’ai pas eu d’autres propositions. Toutefois c’est quelque chose que j’apprécie vraiment, c’est très intéressant de travailler de cette manière. C’est très différent du travail de groupe, c’est même un travail beaucoup plus exigeant, tant pour les musiciens que pour moi. En effet, la distance (JOS à Paris et moi à Lille) ne permet pas autant de souplesse, on travaille sur bandes pré_enregistrées, de ce fait, si un accord ne me conviens pas, je n’ai pas la possibilité de le modifier, je dois m’adapter. C’est davantage un travail de studio et d’arrangement, il y a moins de spontanéité que lors de la création collective. Je dois parfois aller chercher des harmonies auxquelles je ne suis pas habituée. Vraiment c’est très enrichissant.

    Est-ce que cela reste quelque chose que tu fais en « dilettante » ou est-ce un métier vers lequel tu souhaites t’orienter à 100% ?
Pour le moment je n’ai pas la possibilité de vivre de ma passion. Mais si les choses évoluaient positivement pour un ou plusieurs de mes projets actuels, la question de la reconversion professionnelle se poserait très certainement.

    Est-ce que tu te produits seule également ?
Non, j’aime avoir des musiciens autour de moi. L’échange et le partage est plus grand! L’aventure est plus riche! J’admire les one man band, capables de jouer de tous les instruments et de tout assumer sur scène. Je n’ai pas ce talent.

    Quel est ton meilleur souvenir de scène ? Et le plus mauvais ?
Le pire moment… c’était un concert à Nantes avec les « Travailleurs de la nuit », nous jouions entre deux grosses dates programmées par la salle, le groupe n’avait pas de réputation suffisamment importante et il n’y avait littéralement personne! C’était horrible! D’ailleurs tout le groupe était sur les nerfs, on a failli splitter ce soir là! Des bons souvenirs par contre il y en a beaucoup!! C’est difficile d’en choisir un particulièrement. Du coup j’en citerais deux!
Le premier avec « The Inciters », lors de leur tournée d’adieu. J’avais ouvert pour eux avec « The presbytarians », au Molodoi. A la fin du concert j’ai beaucoup discuté avec Alana et Bill, nous avons sympathisé, le DJ set qui a suivit était orienté Northern Soul, et nous avons commencé à faire un concours de danse tous les trois (ce qui m’a d’ailleurs inspiré le morceau « Contest « avec « Up Ten », bien des années après). Suite à ce petit battle, Alana m’a offert une veste à l’effigie du groupe, a pris une photo de moi la portant et quelques jours plus tard m’envoie une photo, c’était un flyer qu’elle avait réalisé avec cette photo et qui a servi à annoncer tous les autres concerts de leur tournée d’adieu.
Second souvenir très agréable, plus récent, avec « The sonotones », c’est lorsque Jesse Wagner (« The aggolites ») m’invita à chanter « Don’t let me down » sur scène avec lui. Gros moment d’émotion! C’était magique.

    As-tu de nouvelles dates ? Si oui quand, et où ?
J’ai quelques dates à venir pour la fin d’année avec « Super lavande », le 4 décembre nous faisons une répétition publique pour radio campus , le 5 décembre nous jouons à Lille au Lokarria. Ce groupe étant très récent, nous peaufinons encore le set avant de véritablement partir sur les routes.
Pour ce qui est de « The sonotones », nous avons intégré deux nouveaux membres en section rythmique, ce qui fait que nous avons du interrompre les concerts plusieurs mois mais nous reprendrons du service dès 2016!
Je fais également partie de l’association « Skagenda », nous organisons des concerts ska/reggae à Lille et nous avons monté un petit collectif, le « skagenda sound system », où je mixe sur vynils avec mes deux compères Christophe et Karel. Nous mixerons le 7 novembre à la « Groovy Party » au « Cirque électrique » de Paris, puis à « l’embuscade » à Lille le 28 novembre pour la toute première édition de la marginal party.

    As-tu plusieurs styles de musique à ton arc ou restes-tu toujours dans le même registre ?
   J’ai une sonorité de voix assez soul, je ne peux pas le changer, cependant j’aime m’exercer dans différents registres. J’ai fais quelques projets trip hop, jazzy, ska punk, power pop et puis avec « Super lavande » je suis dans un registre beaucoup plus Rock, mais je garde toujours cette influence soul dans ma façon de chanter.
Cependant, il y a certaines choses que je ne sais pas faire, comme par exemple la Funk ou le Métal, j’ai essayé, j’en suis incapable!!12188320_1170220089673770_1023315715_n     J’ai pu voir grâce à notre grand ami « Facebook » que tu fais des mix également ! Depuis combien de temps ? Seule ou en équipe ? Quel style musical ?
Comme je le disais précédemment, j’ai intégré l’équipe du « skagenda » l’année dernière. Nous avons commencé par organiser des concerts et nous trouvions qu’il manquait un petit quelque chose pour que la fête soit complète!
Comme nous sommes passionnés de musiques jamaïcaines et de disques vinyles il nous est paru logique de mixer nous même aux concerts. Nous avons donc commencé les mix à l’issue de nos productions et puis nous y avons pris goût et en parallèle des productions de concerts nous organisons chaque mois un « Skagenda sound system » avec Christophe et Karel, membres fondateurs de l’asso.
Nous mixons essentiellement Ska/Reggae/Rocksteady mais aussi Ryhthm’N’Blues, Northern Soul, Oi!, Punk, Garage, New Wave et chansons populaires que tout le monde peut entonner en cœur! Souvent la fin du mix se transforme en une petite réplique de carnaval! Au bal masqué ohé! ohé!

    Ton morceau de musique préféré ?
Cette question est une véritable torture!!
Mais bon, je dirais que « Bullets don’t have eyes » de « Eddie et Ernie » est un titre qui, après toutes ces années, me surprends encore. A chaque écoute il y a toujours un petit truc que je n’avais pas entendu ou une harmonie différente qui me touche. Et ces voix!! J’adore les duos. D’ailleurs j’aurais pu te citer un morceau de « Keith & Tex » aussi.
Mais des morceaux fétiches j’en ai beaucoup!!
« Rudy can’t fail » des clash est un titre emblématique pour moi, tout comme « Respect » d' »Aretha Franklin », qui me fait toujours remonter tout un tas de souvenirs de l’enfance. La musique c’est magique!! Il y a toujours un titre adapté à chaque moment de la vie, à chaque émotion! C’est si riche!!

rudy cat mixtape nov 2015

 


JEWELS RECORDS – Rennes

jewels records logo

Cela fait plus de quinze ans maintenant que Ronan est seul aux commandes de plusieurs labels de disques: « Jewels records » qui produit des groupes contemporains jouant du Ska, du Rocksteady et du Early Reggae et le label « Strong Rabbit »  pour la Soul. Le catalogue est composé de pas moins de 24 galettes vinyles au format 45tours, sans compter les autres coproductions qu’il réalise sous les labels « Redheadman » et « Drakkar rds » qui totalisent 20 opus.

A l’occasion de la sortie récente de trois nouvelles productions sur ces labels rennais, le joaillier Ronan se prête au jeu de l’interview de la Cigale.

Afin d’agrémenter l’interview, notre Grey Mamba nous a concocté deux mixtapes composées des productions de la boite à bijoux de Jewels Rds et du dernier Strong Rabbit.

Donc vous pouvez lancer la lecture de la mixtape, lire l’interview de Ronan, faire un tour sur son site, acheter ses disques, et n’oubliez pas de soutenir les labels indépendants, les groupes contemporains et la scène. keep the faith !! 

Merci à Mr Redheadman

http://redheadman.org

https://fr-fr.facebook.com/jewels.recordings

– Ronan peux-tu te présenter  ?

Attention, compte tenu de mon grand âge et ma volubilité la présentation risque d’être longue. J’essaie de synthétiser. Au tout début je devais être un ado classique, attiré par des musiques un peu rares j’allais donc en solo dans les concerts de ska parisiens dès 16 ans. En 1990, j’ai fait une rencontre fortuite dans le RER parisien (j’étais banlieusard à l’époque)    : Fred Skactiviste. Une sorte de grand frère qui m’a mis le pied à l’étrier en m’incluant dans le fanzine Skanews où nous avons officié quelques années avant de fonder “Unity Rockers”, une grosse feuille d’info de 8 pages qui est paru mensuellement pendant 27 numéros. Un énorme sprint. Rédigeant des chroniques disques, j’étais en contact avec pas mal de labels étrangers et je trouvais couillon de causer de disques quasi introuvables (à l’époque pas d’internet ou de discogs). J’ai donc commencé une petite liste de VPC (“Redheadman”) et, tout naturellement, j’ai franchi le pas de l’édition, l’aspect le plus valorisant et le plus sympa de mes activités. C’était avec la compilation live “DANCE SKA LA 99” et un 45tours des “Orange Street”. Donc depuis 1999, j’anime (en solo) le label “RedHeadMan”, d’autres labels sont venus se greffer par la suite.

– Présentation du label    :

En fait des labels, il y en a 3. “RedHeadMan” en premier lieu qui est à l’origine de tout. Sous ce label sont sortis essentiellement des co-éditions de CD et de LP. Ça a commencé avec le CD Live des groupes français ayant joué au “Dance Ska” en 1999 en co-édition avec “Banana Juice” les organisateurs, puis très vite après, le premier single vinyl des “Orange Street” (groupe Early Reggae et Ska du Val d’Oise) avec “Lean On Me  !” (Label lui-même issu d’un fanzine et dont le tôlier est un très bon ami). Les sorties se sont succédées au rythme moyen d’une à deux par an, et, à ce jour ce sont presque une vingtaine de singles, LP ou CD auxquels “RedHeadMan” a participé. En termes musicaux, la diversité est de mise sur “RedHeadMan” puisqu’apparaissent des groupes comme “Les Partisans” (Rock-Soul), “Death Or Glory” (Punk-Rock) ou “la Klinik du Dr Schultz” et des groupes très ska trad comme “Western Special”, “The Branlarians”. Ces dernières années je ne suis plus trop moteur, ce sont surtout des co-éditions de Lps sur lesquelles je me greffe. Les éditer seul mobiliserait trop de fonds et me bloquerait une année complète pour les autres projets, c’est aussi une des raisons pour lesquelles je privilégie la co-édition. Cependant, il est clair aussi que le LP est, au final un format qui se diffuse mieux que le single. Mais le single c’est ma marotte alors il y a deux autres labels : “Jewels Recordings” (pour le Ska trad, le Rocksteady  et le Early Reggae) et “Strong Rabbit” pour la Soul.

– Pourquoi cette envie de créer un label de disques    ?

Depuis le début, monter un label a été une façon de m’impliquer plus en avant dans la scène et d’apporter une pierre à l’édifice. Si possible sans empiéter sur ce que faisaient les autres “structures” installées. Au départ les coprods de “RedHeadMan” étaient plutot destinées à sortir des versions vinyl d’album CD des groupes français (“Western Special”, “ASPO”, “Soul Invaders”) ou les CD de groupes locaux (“Dave Strapps & The Radiadors”, “John James & The Soulmakers”, “Lord & Mighty Drakkars”) qui auraient eut les pires difficultés à voir le jour sinon.

“Jewels Recordings” est, à mon sens le plus «  abouti». Mon idée est de sortir régulièrement des singles et uniquement des singles vinyl. Pompeusement je dirais “comme” les labels jamaïcains ou Two Tone, mais, en fait, mon véritable modèle, celui qui m’a réellement motivé c’est “Jan Kroll”, un jeune allemand qui avait fondé “Black Pearl”. Label sur lequel on retrouve parmi les plus grands groupes des années 90 (“Inciters”, “Adjusters”, “Intensified”, etc.). Ensuite ma volonté est de mélanger des groupes français et des groupes des quatre coins du monde dont le niveau musical est vraiment bon et les morceaux carrés. Histoire d’intéresser les homologues et distributeurs étrangers à notre scène locale et vis versa. Bon pour l’instant la distrib de masse pèche un peu mais petit à petit ça prendra. Et je suis somme toute content de l’image de Jewels.

– Tes meilleurs moments de production    ?

Toutes les productions ont été de bons moments. Je suis content et fier de tous les disques que j’ai édité ou co-édité. Pour des raisons diverses. Mais puisqu’il faut un évènement en particulier, je dirais la souscription “à l’aveugle” pour  singles et un cadeau pour 12 euros. 75 personnes ont suivi ce pari ce qui était déjà pas mal (c’était bien avant kisskiss bank-bank et compagnie). Cet épisode a aboutit à la “Jewel Box” dont j’ai encore une bonne centaine d’exemplaires dans ma cave.

– Le disque qui a créé la surprise  ?

A mon sens il y en a plusieurs mais je dirais qu’il ne faut en négliger aucun. Le single de «  King Pépé  » a été une bonne surprise car c’est un groupe Rennais que j’ai découvert par hasard à la fête de la musique en 2010 et dont le niveau musical était très bon dès le début. Une seconde surprise a été «  Los Aggrotones  » et les rencontres qui ont découlé de la sortie de ce 45 tours. Les scènes latino et sud américaines sont des scènes véritablement émergentes. La passion est forte et petit à petit des groupes de grande qualité voient le jour, grâce à cette rencontre avec Kevin, Fernando et Esteban, le single des «  Hamptons  » est sorti, le split «  Aggrotones/Gigantes Magneticos  » et j’espère bien rééditer l’expérience de participation à la sortie du LP des «  Aggrotones  » avec un des groupes sus-cités.

Enfin, et là je pense que chacun restera aussi sur le cul, le dernier en date, le disque des «  Caltonettes Serenade  », un groupe indonésien, auquel Toni Liquidator  m’a recommandé et qui, je pense, a vraiment tout compris au Rocksteady.

– Tes regrets    ?

Mon regret principal est de ne pas diffuser plus rapidement chacun des singles. Modestement, je suis convaincu que ce sont tous des disques qui ont leur place dans toutes les discothèques.

– Production uniquement en vinyle, pourquoi  ? (je crois qu’il n’y a qu’un seul CD de produit  : “Lord & The Mighty Drakkar”).

En fait avec “RedHeadMan” il y a eut 4 CDs (“Dance Ska La 99”, “Dave Strap & The Radiators”, “John James and the Soulmakers” et “Magic Lord & The Mighty Drakkars”). Je crois scincèrement qu’aujourd’hui, les gens qui veulent du CD se procurent de la musique sur des supports numériques autres que le CD. Un CD qui sort est automatiquement reproduit ici ou là sur le net. Les groupes ne sont donc pas rémunéré et, en tant qu’éditeur, tu te retrouves avec des monceaux de CD sur les bras. Et puis bon, le vinyl c’est joli et ça correspond à l’histoire de nos musiques et ça permet à pas mal d’entre nous de nous prendre pour des Djs 😉

– A combien d’exemplaires sont édité tes productions  ?

Les singles sont édités à 500 copies, une centaine (20%) est rendu au groupe. C’est déjà bien assez. Les disques mettent plusieurs années à être épuisés. Sur les 18 références Jewels (21 avec “Clash Jewels”, 24 avec “Strong Rabbit” en prime) seules 3 sont épuisées alors que ces labels ont commencé il y a presque 10 ans. Enfin bon, même lorsque les disques seront épuisés, l’idée n’est pas de les ressortir ad vitam aeternam. Mes moyens sont limités, je préfère essayer d’éditer de nouveaux disques plutôt que d’exploiter un filon.

– A part pour les LP, il n’y a pas de pochette, pourquoi  ?

Ben parce que je suis un très mauvais graphiste et que je ne voudrais pas demander à des gens efficaces de bosser pour des queues de cerises. Créer une pochette est un vrai travail qui doit être rémunéré en lui-même. Si je le fais correctement, outre les coûts d’impression (et les difficultés de coordination classique), je serais obligé de vendre chaque disque au moins 5 ou 6 euros sur table. Ce n’est pas ce dont j’ai envie.

Et puis, tous les disques des labels «  historiques  » jamaïcains ou anglais ont des sous-pochettes «  génériques  », donc ça ne me soucit pas trop. Peut-être un jour ferais-je moi aussi des sous-pochettes papier imprimées … qui sait.

– En plus de “Jewels records”, tu as créé un label «  Strong Rabbit  » qui devait être dédié au R&B et Soul. Tu as d’ailleurs produit un 45 T de «  The Nine Ton Peanuts Smugglers  » il y aura d’autres réalisations  ?

Ah mais oui, tu en as d’ailleurs deux de retard … hihihi. En 2014 j’ai édité un single avec “The Delegators”, qui sonne carrément plus Soul même s’il y a une base ska/reggae sensible sur les morceaux. Début 2015, j’ai participé avec “AMTY” en Suède à l’édition du troisième single des “Supertonic Sound Club” de Dublin, les 2 morceaux sont vraiment des reprises de perles Soul assez rares. Je connais moins bien la scène Soul, c’est donc plus compliqué d’approcher et de découvrir les groupes de qualité suffisamment jeunes pour accepter de me faire confiance. Je suis des groupes du coin de l’oreille, on verra ce qu’il en adviendra. Néanmoins j’ai très envie de faire des disques qui feront guincher les all-nighters et aussi pour les passer moi-même en soirée.

En 2010, tu avais proposé une participation de 12,50€ pour une pré-commande de trois singles à sortir si tu réunissais la somme suffisante. Les trois sont sortis avec en prime un cadeau pour les participants (1 coffret de rangement des dix vinyls du catalogue Jewels + 1 45T offert.) Comment s’est passé l’aventure  ? Et renouvelleras-tu l’expérience  ?

Ah, ah ah … on revient à une question posée plus haut. J’embraye donc sur la seconde partie. Je ne pense pas renouveler l’expérience en ces termes. D’une part parce que, pour celles et ceux qui ont tous les singles, la boite est pleine, il est donc temps de se précipiter pour s’en procurer une seconde (vu qu’il m’en reste encore une bonne centaine et que j’ai fait un petit sticker … «  volume 2  »). D’autre part, ben … mes idées actuelles sont un peu plus classiques, je trouve un rythme de croisière en éditer deux singles par an et le réseau d’habitués que j’avais à l’époque s’est un un peu rétrécit, enfin j’ai l’impression.

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– Comment et où peut-on se procurer tes disques    ?

Alors le mieux pour se procurer mes disques, c’est de m’envoyer directement un mail à l’adresse suivante  : contact@redheadman.org. Mon site n’est pas très à jour mais périodiquement (une fois par an en gros) j’essaie de rattraper le retard que je prends toute l’année. Sinon, j’ai fait une «  boutique  » sur Discogs.com.

J’échange aussi avec des gens qui fonctionnent de façon similaire ou presque en Allemagne, en Espagne, aux Etats Unis, au Canada, en Russie. Souvent de petites quantités donc avec un fort impact pour les frais de port. J’ai aussi un petit «  spot  » en Suisse et au Japon où une VPC me prend régulièrement 25/30 singles.

Je fais des dépôts dans quelques lieux à Rennes (“Blind Spot”) Brest (“Vinyl Maniac”), Paris (“Born Bad”) et Bordeaux (“Studio Akoufen”) et un pote se charge d’autres dépôts. La distribution est l’activité la plus nécessaire mais la moins valorisante du «  job  ». Il faut faire des suivis, tenir des comptes et des décomptes, demander des sous aux gens qui sont souvent des copains, etc. néanmoins, si tu ne vends pas … ben t’édites plus et tout s’arrête.

Etant seul à faire tourner le bouzin, je privilégie les commandes individuelles lorsque je rentre du taf. Ce qui fait que la distrib «  lucrative et efficace  » vers des «  grossistes  » (celle où tu fais un gros paquet de disques identiques et où tu reçois beaucoup de sous … genre 150 euros) passe au second plan. Ce n’est pas bien grave.

– Comment vois-tu le soit disant «  renouveau  », «  engouement  » pour le disque vinyle    ?

Oué, bof. Ce qui est bien c’est que les possibilités de fabrication sont plus accessibles aujourd’hui, mais en ce qui nous concerne, je n’ai pas l’impression de diffuser des milliers de disques par mois, pas même par semaine. Donc je relativise. Un graphique tourne un peu sur le net. Effectivement sur 5/10 ans le nombre de disques vinyl édités augmente très significativement. Mais, en volume, comparé à ce qui se faisait dans les années 80/90 ça ne représente qu’une piqûre d’insecte sur un dos de dromadaire.

– Il y a-t-il un engouement   pour tes ventes de vinyle en ce moment  ?

Pas véritablement, mais ça ne m’étonne pas trop non plus. Je suis une bille en communication. Mon site n’est jamais à jour, je tiens assez peu de table en concert et, il faut le dire, les français préfèrent des LP à des singles. Mais ce n’est pas grave. Tant que j’ai les moyens de sortir mes deux/trois singles par an et que les gens qui les achètent sont contents, moi je suis heureux et fier.

– As-tu rencontré des difficultés au niveau des droits (Sacem, Reprise,    …)

Sur le single des « Los Hamptons  » en face B il y a une reprise des “Supremes » “Stop! In the name of love », comment as-tu fait pour obtenir les droits    ?

Assez peu. L’essentiel des morceaux sur les singles sont des compos originales (voir inédites) je fais la déclaration, si les groupes sont enregistrés tu raques et tu espères qu’ils toucheront effectivement une grosse partie de cette somme. S’ils ne le sont pas ben ça fait baisser le prix de revient. Pour les reprises, en fait il y a deux aspects. D’une part, il faut considérer que ce sont des adaptations et non des reprises au sens strict (ou l’inverse, me rappelle plus). Car dans un cas, il te faut l’autorisation explicite des auteurs pour toucher à une œuvre (le droit d’auteur comporte deux volets) sinon tu n’obtiens pas le droit de presser quand bien même tu payes les droits de reproduction. Autant te dire que sur la reprise en question, contacter Holland-Dozier-Holland ou leurs ayants droits est impossible. Et la boite qui les gère en France se fout royalement d’un label Rennais qui tire 500 exemplaires de l’adaptation faite par un groupe argentin. Bref on ne te répond même pas.

– Des conseils pour les groupes, labels,…

Non, pas vraiment. Faîtes ce que vous avez envie, prenez et donnez du plaisir.

– Comment perçois-tu la scène ska  /reggae actuelle en France et en Europe  ?

Oula vaste question. Je t’avoue que j’ai du mal à identifier les nouvelles locomotives qui tirent la scène. Il y a toujours des groupes phares mais le renouvellement est poussif. Pourtant on voit pas mal de festivals à droite à gauche, y compris en France. Mais il est très difficile aux nouveaux groupes d’émerger. Je suis assez dans le flou je t’avoue et pour tout te dire, si je devais organiser régulièrement des concerts, je ne saurais pas quels groupes faire jouer.

Le fait que des labels comme «  Grover  » en particulier sortent moins de disques est aussi une indication. Pourtant ces labels (les labels en règle général) opéraient comme une sorte de «   filtre  », c’est à travers leurs choix que les groupes étaient visibles ou audibles au delà de leur sphère géographique. Avec la diffusion par le net, ce filtre n’existe plus et, du coup, si chaque groupe a une visibilité «  garantie  » (même faible) rares sont ceux qui percent réellement et deviennent de vraies locomotives qui jouent dans tous les festivals ou font des tournées … encore moins en France qu’en Allemagne, en Espagne ou en Angleterre.

Il ne faut cependant pas noircir complètement le tableau, il y a en France une bonne dizaine de groupes de bon niveau qui jouent régulièrement et dont le niveau musical fait qu’ils sont reconnus en Europe.

– Ecoutes-tu d’autres style musicaux que le ska/reggae ?

Ouaip, de la Soul (pas trop le genre Motown), le la brit pop, du punk rock un peu et j’aime bien aussi certains artistes de la chanson française qui ont des choses à dire et le disent bien. Et lorsque je passe des disques en soirée, à part de la chanson française, je passe tous ces styles pour faire un crescendo.

– Es-tu collectionneur ?

Pas vraiment, lorsque je me rend compte que je n’ai pas écouté un disque depuis un bail et qu’il ne passerait pas en Sound System parce que dans ce contexte mon objectif est de faire danser, alors je le revends sans regret. Donc je n’ai pas des montagnes de disques chez moi.

– D’autres activés, projets…    ?

Quelques projets d’orga de concert pour la fin d’année 2015 et on verra pour 2016. Sinon, la vie est aussi une belle aventure, elle mérite aussi qu’on lui accorde un peu de temps. Aller en concerts le week-end, faire des paquets le soir, mettre une liste à jour, trouver des groupes et faire de belles rencontres, c’est chouette mais les journées n’ont que 24 heures et mon boss en prend déjà 8, 220 jours par an.

– Mots de la fin.

Eteignez vos ordi, achetez des disques et aller aux concerts et écouter les groupes qui passent à moins de 300 km de chez vous. Pas de concert, pas de groupe. Pas de groupe plus de musique.

https://fr-fr.facebook.com/jewels.recordings

http://redheadman.org

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BOX SET SINGLES JEWELS RDS – N° 1 recording by the Grey Mamba.

ACKEE & SALTFISH – Don’t Be cruel, THE BRANLARIANS – High grow, GIGANTES MAGNETICOS – Troublemaker, BOSS CAPONE – Who the Boss, LOS AGGROTONES – Cero, CALTONETTES SERENADE – All That I Need, GO JIMMY GO – Mama Bird, SKA D LITE – Sweet Madonna.

BOX SET SINGLES JEWELS RDS – N° 2 recording by the grey Mamba.

ASPO – Artibella, LOS HAMPTONS – Stop! in the name of love, SUPERTONIC SOUND CLUB – Cracked over you, SAINT PETERSBURG SKA JAZZ REVIEW – Night on The Bus, RED SOUL COMMUNITY – Rest of you, THE PEPPER POTS – The king of the street, LOS AGGROTONES – Victoria line.